#rêve2018/26/03 [13]

Nous arrivions en automobile aux États-Unis, dans une large plaine semi-industrielle, mais dégagée. Quatre avions de chasse effectuaient du sur place dans les airs. Puis le chauffeur montrait du doigt notre engin venu du ciel, qui se posait. C’était un bricolage maison, de bric et de broc. L’avant d’une Porsche, et un habitacle en plâtre et en bois (et même avec un chambranle de porte avec les mesures d’enfants inscrites au crayon). Mais ça volait. Nous montions dedans, il y avait les proches du chauffeur, dont sa femme et un autre type avec une barbe crissante. Et l’un d’entre vous.

#rêve2018/26/03 [13]

#rêve2018/09/03 [12]

Après une party dans un immeuble de verre, qui se terminait mal — un homme vêtu d’un pull de mohair multicolore plus qu’échancré sur une poitrine velue traquait salement de toutes jeunes filles — je m’échappais par les escaliers qui traversait une salle de bains. On me poursuivait. Je me réfugiai dans une sorte de brocante de toiles translucides vertes et de vieux meubles en bois sombre. Le responsable prenait soin d’une bande de démunis. L’échancré du mohair arrivait. Résigné à mourir, le responsable me confiait en chuchotant le sort de ses handicapés. Puis il suivait son bourreau. Je demandais à l’un des simples d’esprit s’il y avait une arme quelque part. Il me désignait le dessus d’un living au bout d’une grande table. J’y trouvais une sorte de couteau à jambon long, mince et recourbé. Je m’en munissais et attendais que le sinistre tueur en mohair sorte de la salle où il avait emmené — et probablement exécuté — le responsable de la brocante. Lorsqu’il passa la tête, je lui entaillai la nuque. Pour m’assurer qu’il fut rendu inoffensif, j’abattis l’arme une seconde fois et lui tranchai les mains.

#rêve2018/09/03 [12]

Femmes d’argile et d’osier

Roman paru aux Moutons électriques en 2018. Disponible ici

Été 2016. À la recherche de drouilles à lire qui me sortent de ma zone d’intérêt, je tombe, dans un vide-maison, sur Machu Picchu de Simone Waisbard, dans la coll. Les énigmes de l’univers chez Robert Laffont. Je songe : tiens, ce pourrait être le point de départ d’un roman d’aventures…
Je lis d’autres livres plus fiables sur le sujet. J’amasse une documentation conséquente et puis je laisse mon esprit s’emparer de l’affaire.
Et la tordre.
(Ou : comment déconcerter le lecteur.)
L’idée qui germa de ce semis fut d’amener un fait historique avéré vers le conte. L’objet de cet amusement ― la découverte du Machu Picchu par Hiram Bingham en 1911 ― me permettait de garder en arrière-plan l’ombre du réalisme magique sud-américain, de développer un récit en des termes proches des basculements chers à Cortázar, mais sans que son objet soit le changement de camp. C’est un voyage à travers une tapisserie, de son endroit à son envers. Il n’y a pas de révélation de la part des personnages, pas de brutale épiphanie. Tout au plus une réponse à l’existence de certaines chenilles (uru) dans une certaine vallée (bamba).
Ni reconstitution historique ni récit d’aventures… Moi qui *cherchais* à contenter le lectorat de fantasy, me voilà bien.
Ce lecteur (trahi) est amené à s’installer dans le confort d’une rigueur historique soutenue, non pas trompeuse, ni secondaire ―, mais aussi exacte que brève. Les notes de bas de page, elles, continuent un temps, de manière imperturbable alors que la bifurcation vers le merveilleux est avérée.
Toute la première partie est un chassé-croisé, un frôlement entre les personnages réels qui se mêlent imperturbablement aux fictifs. Il y a l’explorateur, ses compagnons, les autochtones. La durée et l’itinéraire de l’expédition sont fidèles à la réalité et le nombre de mules exact. Dès le premier chapitre, il y a mention d’une cité d’un seul bloc d’andésite, désertée par ses habitants de deux tailles distinctes, qui n’est pas le Machu Picchu ― puis il y a une égarée d’argile et d’osier, des poupées de conte, une roche qui parle, des conquistadores quadricentenaires. Il y a la mutation progressive d’un unijambiste en créature d’osier et bien d’autres surprises, dont un scaphandre de caoutchouc, modèle Klingert bricolé par je ne sais qui dans l’Altiplano, qui se transforme en personnage vivant et agissant (et piloté par une poupée de maïs)…
À son propos, ceci : un jour, dans les mémoires de Bingham, je crois lire qu’un scaphandrier asiatique a aidé à tendre les câbles pour jeter un pont par-dessus l’Apurimac. Je note scaphandrier asiatique. Le lendemain, je relis le passage (p. 112) : aucune trace d’un scaphandrier. Tout au plus est-il fait mention d’un vieux colporteur chinois. Je lisais avec l’œil avide du romancier ; j’aurais fait un très médiocre universitaire. Mais chic ! Escafandra deviendra l’un des pivots du roman.
Les contes (On raconte ceci) qui s’entremêlent à la narration ont autant de réalité que l’histoire. Les deux formes de récit ne luttent pas. C’est une réalité double qui jamais n’est séparée. Mon brave Hiram Bingham renonce à l’Histoire pour le Conte et traverse la tapisserie de l’une à l’autre.
Dans une nouvelle, Sept pour un million, je montrais la transformation du monde en une tapisserie ; là, je passe de l’endroit à l’envers d’un autre ouvrage.
De même, il n’y a pas de surprise dans la structure (mais il y en a dans les péripéties), pas de twist intrinsèque, mais un glissement progressif, têtu et de plus en plus saillant. Le lecteur sait. Néanmoins, il tombe de sa chaise lorsqu’un personnage sur le point d’être décapité s’ôte la tête pour prévenir le coup de hallebarde d’un… conquistador dont la chair est cire de bougie.
Pas de twist, une fin brutale, mais anticipée dès le chapitre deux.
Bref, j’ai eu un plaisir extrême à tenir l’arc narratif fixé, de l’histoire au conte. Au lecteur maintenant de se laisser prendre.
De se laisser désarçonner.
Ou de brailler sa déconvenue sur son blog.
Outre les mémoires de Bingham, de l’explorateur Charles Wiener et de la nonne-soldat Catalina de Erauso, mes sources ont été : The cradle of gold de Christopher Heaney ; La troisième balle de Leo Perutz ; The explorer de Rudyard Kipling ; Le zoo du docteur Ketzal de Raymond Reding (BD de 1973) ; Aguirre film de Werner Herzog.
Aucune mule n’a été maltraitée durant l’écriture de cette fantaisie.

Robert Darvel
Femmes d’argile et d’osier
aux Moutons électriques
Femmes d’argile et d’osier

#rêve2018/05/03 [11]

Un tunnel empli de voitures immobilisées en vrac après un accrochage. C’était des véhicules connectés, plus aucune trace sur les écrans depuis des lustres. Les conducteurs sont restés là et ont vécu entre eux sans penser à ressortir. Une femme se tient à l’autre bout, qui est fermé par des vitres opaques jaunâtres. C’est elle qui les a retrouvés. « Et vous allez savoir comment, si vous me suivez. » Ils émergent à l’air libre et découvrent qu’il n’y a plus un brin de végétation sur le dessus du tunnel. « Vos respirations ont tout grillé », conclut-elle. »

#rêve2018/05/03 [11]

#rêve2018/22/02 [10]

J’étais une fillette chez sa grand-mère maternelle, à qui je déclarais : « les vacances avec toi c’est aussi bon que d’être au lit avec Depardieu et un rôti de bœuf ». Du coup, je me réveillais à côté d’un autre homme, pris d’une grande frayeur : nos slips étaient tendus comme des chaussettes, les deux si proches de mon ventre que je crus être devenu un nain contemplant ses pieds.

#rêve2018/22/02 [10]

#rêve2018/20/02 [9]

J’étais assis à une grande table. En face de moi, le réalisateur du prochain James Bond, qui en avait déjà tourné, mais que les studios avaient viré – pour des raisons de mœurs – avant de le rappeler après l’échec de celui filmé par un autre. À mes côtés, sa femme, une fillette qui ne devait pas avoir beaucoup plus de huit ans, dégourdie, accompagnée de ses parents. « Ils m’ont rappelé malgré tout, disait-il. Le talent ». Au bout de la table, mon beau-père. Sa fille devait se trouver quelque part parmi les convives. Nous prenions ensuite la voiture tandis qu’un animateur radio nous saluait depuis sa propre automobile. Nous volions à travers les rues aux façades hautes, tout en cuivre. Le beau père entrait en volant dans une cathédrale. Nous planions dans les cintres. Au-dessous de nous, l’office, et les touristes devant un guichet. « Je ne suis pas sûr que nous pouvons voler dans une église », dis-je. Nous ressortions et le beau père tournait dans la rue suivante. Il s’était juste trompé. Nous retrouvions notre chambre d’hôtel. Lui dormait dans un grand lit et nous, sa fille et moi, dans un lit d’une personne à côté du sien.

#rêve2018/20/02 [9]

#rêve2018/11/02 [8]

Je viens de perdre un proche, sans doute ma mère. Je vais donc au magasin funéraire avec sa dépouille qui ressemble à une tondeuse à gazon manuelle avec une fleur sur le rouleau. L’entrée est encombrée de couronnes que déchargent des gens d’une camionnette. Leur dépouille à eux est disposée dans une sorte de tiroir en longueur, c’est une momie maigre. Je recherche un préposé, passe entre les tombes puis devant un mur tout neuf de niches à incinérés. Deux femmes sont occupées à jardiner. L’une d’elles se redresse. Elle me dit qu’il aurait fallu prendre rendez-vous, je vais devoir repartir avec ma mère-tondeuse. Elle consent à me parler plus, m’entraîne vers un bassin d’eau gelée et y jette une poignée de sel. Je l’arrête tout de suite et lui affirme : surtout pas de dieu ni de blabla.

#rêve2018/11/02 [8]

#rêve2018/06/02 [7]

Je roule sur une petite route de montagne. Une voiture vient en sens inverse, face à moi. Elle s’arrête à la ligne de stop. Je dois me déporter sur la gauche pour la passer. Je me retourne et détaille sa plaque étrangère. Je leur indique leur confusion de la main, ils s’excusent. J’arrive ensuite à un grand bassin destiné à des représentations pour les touristes. Je me décide à le traverser en marchant sur l’eau et en effectuant des pirouettes dans l’air, à la stupéfaction du conteur responsable de l’attraction. Je récidive pour lui montrer comme c’est simple. Il commence à réciter son texte devant le public, je m’amuse à entrecouper la séance de farces : je fais sauter le bouchon d’une bouteille, il croit que sa femme s’est tuée, sa voix blanchit, mais il doit continuer à raconter son histoire. Par la pensée, j’arrache un crayon à papier orange de la main d’un client et le projette psychiquement à travers la salle, il vient se planter dans un tableau sur le mur opposé.

#rêve2018/06/02 [7]

#rêve2018/27/01 [5]

J’étais entre deux filles. Celle de gauche conduisait, celle de droite parlait. Nous roulions à bonne allure, mais il n’y avait pas de carrosserie autour de nous, ni de sièges ni rien, nous nous déplacions « comme en voiture ». À l’annonce d’un péage, nous sortons vers la file réservée aux autocars. Sur l’aire de stationnement, la conductrice doit louvoyer à cause de gamins partant en colonie de vacances. Elle nous amène juste devant un monument aux morts et déclare : « Si vous cherchez du pain, vous en trouverez toujours là, les gens le laissent pour les oiseaux ». La fille de droite dit alors : « j’ai envie de faire caca ». Sa compagne lui fit remarquer qu’il n’est pas courant d’entendre une telle déclaration de la part d’une femme. Toutes deux ont les lèvres maquillées.

#rêve2018/27/01 [5]