JOURNAL 2019 / semaine 26

lundi 24 juin

C’est irrémédiable : nous ne serons plus jamais ce que nous prétendions être.

Ai aperçu au fond du potager, embusqué derrière les groseilles et pointant sur elle son gun à billes pour soulager l’arthrose, le kiné de Catherine.

mardi 25 juin

Départ de Yorgo : il m’aura appris que le saucisson Jesus se nomme Bout-du-monde (rapport au boyau qui l’enveloppe) et m’aura parlé d’un bistrot où il y avait une poule, laquelle ne sortait pas de la page du journal grand format posée sur le sol. Avons vu Parasite au cinéma. Y avons croisé Aurélien, est venu manger à la maison.

mercredi 26 juin

Un prochain roman sera écrit uniquement à partir de détails glanés au hasard de mes lectures. Une sorte de marabout-de-ficelle dont le style d’écriture changera à chaque chapitre. Le cadre pourra en être les famines paysannes au 17e (Soriano Les contes de Perrault) avec des forestiers brûlant du charbon de bois (Tournier Le Roi des Aulnes). Reprendre les personnages du grand Quichotte anglais et du rond Sancho Pança chinois de Mistress Branican. Y adjoindre une voyageuse temporelle (deux choses à son propos : elle sera là pour personnifier mon ignorance de l’époque choisie ; et, après trois romans mettant en scène une jeune fille masquée et/ou invisible, elle me permettra d’écrire l’affaire de son point de vue d’invisible).

À mélanger mes lectures, ça devait arriver : je viens de lire Aventures de Gordon Pym-Pam-Poum de Nantucket, ou The Katzenjammers Tekeli-kids.

Dark (série allemande) : la particule de Dieu, micmac quantique, permettra-t-il d’atteindre un objet de narration impossible à atteindre sans ? Ou pas ?

Vu Mother de Bong Joon Ho.

jeudi 27 juin

Il y a vraiment de très belles choses qui incitent l’imagination dans La danza de la realidad (Jodorowsky), des métaphores visuelles pertinentes et drôles (la mère couleur nuit, les pauvres sous leur parapluie).

vendredi 28 juin

Laisser une part de mes lectures au hasard-bout de ficelle : Maylis de Kerangal (à ce stade de la nuit) mène à Chatwin (Le chant des pistes à propos de la géographie chantée des Aborigènes) ; Soriano (Les contes de Perrault) mène à Jules Verne, via La Belle au bois dormant engrossée et accouchant dans son sommeil comme Mistress Branican (qui ignore être enceinte et accouche pendant sa longue période d’amnésie), livre qui se passe à l’époque des explorations de Lumholtz et Warburton à travers l’Australie… et donc, retour à Chatwin.

Je ne rejette ni ne fuis la fantasy, je louvoie afin d’éviter son lectorat.

Réinsertion (progressive ou pas) de la féérie. Une œuvre qui respire le bonheur de créer.

Par réaction à Netflix/HBO, écrire une histoire sans aucune indication visuelle.

Notion d’indépendance du thème par rapport à son élaboration littéraire (Soriano à propos de Melle Lhéritier). Et donc : non pas en faire un plan mais élaborer un récit.

Post-apo (cf. 29 mai) : abouter le ventre du caïman à Ogrur, les monter en parallèle (et donc, plus besoin d’explications aux néologismes) et les faire se rejoindre brutalement : les personnages du premier écrasent Ogrur sans s’en rendre compte au deux tiers de l’affaire. On parlait du même lieu (et donc traduction immédiate des néologismes d’Ogrur, sans avoir recours à une explication). Tout s’éclaire et cette tentative d’intelligibilité de l’univers par de toutes petites créatures devient poignante alors qu’ils périssent sous le pied des personnages de l’autre histoire (qui sont donc les Glyphos).

Suspens quant à l’objet de la scène / introduction /déroulement / break.

samedi 29 juin

Formuler une hypothèse ne nécessite pas de se perdre en précautions.

Notion de motif thématique.

Toute pédagogie tend à constituer une sorte d’univers fictif.

Ogrur : je tiens donc le schéma narratif, avec cette double histoire dont l’une écrase littéralement l’autre et réduit à néant son envolée créative. France post-apo, territoire ventre de caïman mort vs dérisoire tentative de survie à une échelle moindre.

Tous mes potes sont des bâtards deuxième partie, après la scène au Maquis, que se passe-t-il ?

Valentine a trouvé le gîte. Elle sait ce que trament les bâtards. Elle les amène à se perdre dans la forêt de Thorellie (contrée des contes). Ils n’en comprennent pas les règles, se débattent et finissent vaincus. N’oublions pas le motif suivant : c’est Kjeller qui veut se protéger d’eux. Il a tenté de se faire oublier, il est retrouvé par hasard ; il sait ne pas faire le poids. La rencontre avec Ed Charlou ne suppose pas qu’Ed va rameuter les autres bâtards et pourtant, Kjeller fait tout de suite appel à Gj et à Valentine. En réalité il les convie à une victoire, à une fête, car il sait alors que Charlou est faible, puisque contre lui seul il réunit et réassemble le cluche.

dimanche 30 juin

Les contes de Perrault par Marc Soriano sont en train de me proposer la matière d’un prochain livre : XVIIe siècle + post-apo/caïman + Ogrur écrasé. C’est le même processus que celui de Simone Waisbard sur le Macchu Pichu pour Femmes d’argile et d’osier, un truc trouvé par hasard sur un vide-greniers…

JOURNAL 2019 / semaine 26

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