Parutions : liste chronologique

(chaque titre grisé renvoie à un article ; à terme tous auront le leur.
mais dans un parfait désordre de publication – selon notre humeur.)
Vous trouverez le lien vers le site de l’éditeur entre parenthèses.

[2008]
la rivière sans visage (Harry Dickson No. 181 / FASCICULE)
Le ministère du grand nocturne (Harry Dickson No. 184 / FASCICULE)
LE RÉVEIL DU CHRONOMAÎTRE (Harry Dickson No. 187 / FASCICULE)

[2009]
Le baal des psychonautes (Harry dickson No. 182 / FASCICULE)
le secret de la pyramide invisible (Harry dickson No. 183 / FASCICULE)
la treizième face du crime (Harry dickson No. 202 / FASCICULE)
crime avec fait étrange (hebna calde no. 1 / fascicule)
le dieu inhabité (Harry dickson No. 185 / FASCICULE)
crime avec singe (hebna calde no. 2 / FASCICULE)

[2010]
le meurtre de poplar hospital (lady lace no. 1 / FASCICULE)
le désert des chercheurs d’ordre (Harry dickson No. 186 / FASCICULE)
Jeanne d’arc contre le maître des vampires (jeanne d’arc no. 1 / FASCICULE)
jeanne d’arc au pôle nord (jeanne d’arc no. 2 / FASCICULE)
le fil à couper le cœur (Harry dickson No. 188 / FASCICULE)

[2011]
la mort aux tentacules de poussière (le psychagog no. 1 / FASCICULE)
souvenirs à propos de harry dickson par un affabulateur venu de mars (PRÉFACE)
musée-homme (NOUVELLE)
chimère (NOUVELLE)
l’isoloir (NOUVELLE)

[2012]
le cimetière des hommes morts (harry dickson No. 189 / FASCICULE)
ravageuse ! (cover to cover no. 1 / FASCICULE)
oops !… they did it again (NOUVELLE)
l’homme au cœur double (NOUVELLE)
the man with the double earth (NOUVELLE / TRADUCTION de la précédente)

[2013]
les revenants de l’île de pâques (NOUVELLE)
necroporno (ROMAN)
on se revoit à la saint-truphème (NOUVELLE)
SEPT POUR UN MILLION (NOUVELLE)
Amour, siamois et sorcellerie (NOUVELLE)
JE ME DÉCIDAI POUR UNE HISTOIRE COURTE (NOUVELLE)
les onze mille gorges de l’océan (NOUVELLE)
l’île du docteur corman (FASCICULE)

[2014]
les porteurs de deuil (Harry dickson No. 190 / FASCICULE)
la machine à explorer baker street (NOUVELLE)
chienne (NOUVELLE)

[2015]
les marionnettes de la mort (NOUVELLE)
hors des eaux (NOUVELLE)
killing joe d’amato (NOUVELLE)
le bruit des os (NOUVELLE)

[2016]
harry dickson s’amuse (NOUVELLE)
harry dickson 1 (RECUEIL)
VERs MARS à bicyclette (PRÉFACE THÉÂTRALE)
HARRY DICKSON 2 (RECUEIL)
l’homme qui traversa la terre (ROMAN)

[2017]
L’eau-delà (NOUVELLE)

[2018]
Femmes d’argile et d’osier (roman)
un couteau inconsolable (Harry dickson No. 191 / fascicule)
Firmin le lapin (nouvelle)

[2019]
Un spectre hante les Imaginales (Humeur)
Un épisode de la chasse au P. (NOUVELLE)
Parutions : liste chronologique

JOURNAL 2019 / Semaine 41

lundi 7 octobre

[Tout d’abord, j’ai besoin d’un éditeur. Déjà parce que je l’aime mon éditeur, on discute ensemble, on parle littérature, on boit des coups, on voyage, on travaille et on se marre.]…[Après m’avoir aidé à parachever un livre, il en parle aux libraires, les rencontre, met mon texte en avant, leur demande de le lire, de le vendre aux lecteurs qui vivent autour de leur librairie et que je n’ai aucune chance d’atteindre avec l’internet d’aujourd’hui.] (Piqué à Thierry Crouzet)

Et aussi, du même : [Je poste une blague en ligne : « Prix littéraires : ils sont si nombreux que je dois le faire exprès pour n’être dans aucun. » Mais ce n’est pas rigolo, c’est même putain de frustrant, avoir l’impression que tous les autres sont des écrivains respectables et pas moi.] Non, rien….

(Le mien d’éditeur, j’ai ébrêché l’image qu’il veut donner de lui, et en y répondant de sa manière, il l’a élargie.)

Carnival Row : parallèle à retenir entre les dos de ceux qui se flagellent el les cicatrices des ex-fées mutilées.

mardi 8 octobre

Travaillé sur Caïman et c’est tout.

mercredi 9 octobre

Idem 8.

jeudi 10 octobre

Idem 9 + deux kilos de coulemelles.

vendredi 11 octobre

Idem 10 + cardiologie à Auxerre : pile du défibrillateur à 80%.

samedi 12 octobre

Quoi donc ? Du monde à la maison, un canard à l’orange.

dimanche 13 octobre

Salon du livre de Migennes.

Cher journal, j’ai pas envie de causer. Je pense à des tas de trucs, mais je trouve insane de t’en faire part tous les jours. C’est un jeu à la con.

JOURNAL 2019 / Semaine 41

JOURNAL 2019 / Semaine 40

lundi 30 septembre

Tenu vingt minutes devant The wandering earth (SF chinoise) où comment constater le sacrifice du cinéma à des considérations géo-financières. Nul, laid et rebattu.

mardi 1 octobre

La gamine Catherine les a à son tour, ses soixante-et-un ans !

mercredi 2 octobre

Lu Robur-le-Conquérant / Maître du Monde (Jules Verne) et travaillé à Caïman.

jeudi 3 octobre

Lu Chien du Heaume (Justine Niogret) / Kull le roi barbare (R. E. Howard) et au travaillé à Caïman.

vendredi 4 octobre

Lu Les culbuteurs de l’enfer (Roger Zelazny) / Relation du voyage d’Aguirre (Francisco Vasquez) et travaillé à Caïman.

samedi 5 octobre

Lu Épées et mort (Fritz Leiber) / La citadelle écarlate (anthologie) et travaillé à Caïman.

Ai animé le Goût des livres au Maquis, parlé de Grossir le ciel (Franck Bouisse) et de Demasiado corazón (Pino Cacucci). Ai embarqué un Vuilliard sur Buffalo Bill.

dimanche 6 octobre

Lu… rien : c’est dimanche. Goguettes au Maquis.

JOURNAL 2019 / Semaine 40

JOURNAL 2019 / Semaine 39

lundi 23 septembre

Entamé une relecture de Leiber (Le cycle des épées) pour consolider la partie Sword & Sorcery de Caïman. C’est à la fois écrit de manière bancale, sans rythme, avec des phrases longues et mal fichues, mais, dans le domaine, c’est tout de même pas mal. Les personnages sont attachants, on ne sait vraiment jamais vers quoi se dirige l’histoire. Il y a un certain charme à l’affaire. Et Leiber place des propos, des opinions qui sortent du cadre – comme le laïus politique d’un héros bourré face au chef de la guilde des voleurs dans Mauvaise rencontre à Lankhmar : le discours est plus brillant que le personnage et arrive là de manière inattendue et bancale. Ça parle de politique et de voleurs. Bien vu.

mardi 24 septembre

Nos dirigeants gouvernent sous la protection de la police.

mercredi 25 septembre

Je ne regarde plus la télé depuis que Lepers est parti, mais ce doit être Questions pour un nichon maintenant, non ?

Hollow coast.

jeudi 26 septembre

(Mode zombie, comme le More brains du Retour des morts-vivants de Dan O’Bannon 🙂 On – veut – des – é – lé – ments – de – lan – guage.

vendredi 27 septembre

Boulot sur CAÏMAN.

Vu P.T.U. (Johnnie To) : filmé uniquement la nuit lorsque les magasins sont fermés, plus de 2 ans de tournage, d’après Dionnet.

samedi 28 septembre

Le monde est plein de petites vies (une aristocrate dans Maîtres & valets).

dimanche 29 septembre

Vu la série The Fall : c’est étrange, Gillian Anderson parle de plus en plus bas à mesure de son enquête, qu’elle en devient inintelligible, et le serial killer choisit de se tuer. Une parabole sur l’impuissance de la police ?

Vu aussi Maitres & vallets où on croise brièvement l’actrice Niamh McGrady, qu’on croise brièvement dans The Fall.

JOURNAL 2019 / Semaine 39

JOURNAL 2019 / semaine 38

lundi 16 septembre

Oh ! Les Moutons électriques republient du Ayerdhal, du Jaworski et du Ruaud. En fait, ils n’ont que deux auteurs : Jaworski et Ulule.

Un détective privé nommé Seldom Sober.

mardi 17 septembre

Je ne circonscris pas mes récits au milieu d’écrivains que je côtoie.

Tout futur technologique est obsolète par nature.

mercredi 18 septembre

Ai donc appris ce week-end que la qualité d’un roman dépend aussi du nombre d’écrans dont dispose l’écrivain pour le saisir et coordonner tous ses logiciels d’aide à la structuration du récit.

Lu Sur Mars (Arnauld Pontier chez III5) : aimable novella qui use sans recul de name-dropping, des deux-points et de tirets.

Anniversaire. Dionnet : Mes moires et Defoe : Robinson Crusoë.

jeudi 19 septembre

En route pour une vaillante soixante-deuxième année !

Ai appris dans La centrale d’énergie (John Buchan) qu’on appelle bonnet de nuit le petit verre d’alcool avant le coucher.

vendredi 20 septembre

Dans Mes moires, Dionnet ne présente pas les personnes dont il parle. C’est inutile : je les connais toutes ou presque, pour leur travail et leurs curiosités, depuis la fin des années soixante… Et il n’aborde pas leur mort.

samedi 21 septembre

Faire travailler son imagination sur la constatation que beaucoup de couvertures des littératures de l’imaginaire présentent un personnage vu de dos. En dresser la liste. BD d’après Jaworski / Chien du Heaume / Seppuku / etc.

dimanche 22 septembre

Ai effectué le découpage des futures Chroniques de Caïman en 76 chapitres. Ma méthode de travail sera de m’inspirer d’un ensemble de livres pour chaque univers (i y en a quatre) : Leiber, Niogret & Zelazny / Gianbatista Basile & Perrault / Francisco Vásquez, Cabeza de Vaca & Catalina de Erauso. Plus Ogrur, qui se fera écraser par un autre personnage au mileu du livre. Dans Caïman, une sorte de post-apo ras-du-sol mais également en orbite, il y aura des objets-fantasy comme le crâne de Gretha Thunberg et des phrases comme : Le XXIe siècle sera bref.

Ne me manque plus que 40 000 signes (ou trois chapitres) pour conclure Tous mes potes sont des bâtards : je laisse reposer quelques temps pour nourrir l’inspiration, histoire de ne pas le terminer de manière descendante.

L’imagination n’est-elle pas trahie par l’action ? Écrire est-il mieux que rêvasser ? L’imagination a-t-elle besoin d’un support manufacturé (livre ou DVD) alors que seule la pluie d’un dimanche après-midi suffit ?

JOURNAL 2019 / semaine 38

JOURNAL 2019 / semaine 37

lundi 9 septembre

Chaque vie n’est au plus qu’une existence brièvement tolérée dans une civilisation du massacre. Chaque start-up en est un point de maillage, chaque bref soulèvement populaire un interlude consenti, comme un prédateur surveille sa proie du coin de l’œil.

Un roman n’agit jamais sur le réel ; un roman est circonscrit à ses propres limites, il n’en déborde jamais –même Dick et son jeu sur la réalité. Tout cela n’est qu’écriture, rien d’autre.

mardi 10 septembre

L’emploi du mot assumé dans l’expression hommage assumé à la pop culture est stupide.

mercredi 11 septembre

Pour Tous mes potes sont des bâtards, je chercherai un éditeur d’imaginaire éloigné de la fantasy post-pubère et pré-variqueuse.

jeudi 12 septembre

Avons survécu à un 11/09 de plus !

vendredi 13 septembre

À Ravières.

samedi 14 septembre

Causerie avec Lionel Davoust à propos des méthodes d’écriture.

dimanche 15 septembre

Croisé Yann Minh : lui, dit-il, vit au XXIe siècle, dans un urbain futuriste conceptualisé par Ricardo Bofil ; désignant Ravières – un vieux bourg vide dont la moitié des maisons sont à vendre – il dit qu’il est venu au XXe siècle le temps d’un salon. Je songe au contraire que nous pourrions être au XXIIe, dans l’état d’un monde après l’échec du XXIe. Le XXIe sera bref, me suis-je dit sur la route du retour. Ai derechef commencé une novella, que j’ai d’abord pensée pour l’éditeur III5 – ou pour Le Bélial’ – mais que je vais tresser aux trois autres parties qui composeront CAÏMAN (ou Chroniques de Caïman sans doute).

JOURNAL 2019 / semaine 37

JOURNAL 2019 / semaine 36

lundi 2 septembre

Bouclé la nouvelle pour Dimension Dimensions de Villacampa : ayant relu Poe, il s’agit de l’Aventure sans pareille d’un certain Bluddennuff – parodie.

Vu Ichi the killer (Takashi Miike) : c’est tout de même essentiellement grotesque.

mardi 3 septembre

Remis sur TMPSDB. À terminer pour la fin du mois, de manière à entamer CAÏMAN (dans lequel, surprise, on retrouvera Ogrur le minuscule. Ce sera un livre d’ampleur, contrairement aux deux récréation que sont Le Chevalier Compost et Tous mes potes sont des bâtards.

mercredi 4 septembre

Desserrer les mâchoires opposées de la conscience trop préhensile.

Pas de plan précis, l’intuition et la liberté de bifurquer, faut que je puisse raconter n’importe quoi, sinon, par anticipation, je m’emmerde autant que lecteur s’emmerderait.

jeudi 5 septembre

Pourquoi ne pas appliquer dans les tribunaux l’idée de caisse sans caissière ? Pas de magistrats, pas d’avocats ni de défense et de jurés : l’inculpé se démerde seul.

Public / privé ; chômage / retraites ; répression / impunitarisme ; polémiques / commentaires : coincé là-dedans depuis des décennies, le pays n’est pas près de relever les yeux vers les étoiles.

Faudrait faire un recueil des illustrations de couverture avec ces personnages de dos.

Le jour où tous ces dirigeants grotesques tomberont de leur trône, ça risque de faire autant de poussière sur le globe que la météorite qui a tué les dinosaures.

vendredi 6 septembre

De quoi l’écriture est-elle le symptôme lorsque tu te lèves à 4h30 pour retoucher un dialogue entre une gamine invisible et un loup de fer-noir en écoutant des motets de Schütz ?

Une société gère le suivi de ceux qui sont sortis par accident du monde naturel ( expression tirée du vingt-sixième rêve de John Buchan). Un service occulte qui s’occupe de ceux qui ont fait un voyage dans le paranormal, dans une autre dimension, dans le temps, etc. Avantage de pouvoir croiser des tas de récits, des tas de genres et des tas de personnages.

samedi 7 septembre

Et plus dure sera la chute / Épluchure sera l’adulte.

Fixez le soleil à travers vos paupières closes. Passez votre doigt devant. Le discernez-vous sous la forme d’une ombre ?

dimanche 8 septembre

Ouf : enfin une journée sans fulgurance intellectuelle, sans sursaut subtil, sans rapace mouvement de conscience fondant toutes griffes dehors sur l’Existence et les mots qu’on peut en dire.

JOURNAL 2019 / semaine 36

JOURNAL 2019 / Semaine 35

lundi 26 août

Donc, gouvernance planétaire : 7 ou 8 cons qui accaparent 40 millions d’euros pour vanner entre-soi et rentrée littéraire : Moix.

Le dernier mot du mourant à ceux qui se penchaient sir lui fut : chuut….

Jamais les décors en CGI du futur film tiré des Montagnes hallucinées (Lovecraft) ne pourront égaler en étrangeté celles tournées par Herzog et Peter Deitlinger dans le bonus Under the ice de Encounters et the end of the word. Survol de la McMurdo Dry Valley en Antarctique. Vu avec déléctation l’interview de WH par Jonathan Demme dans l’autre disque bonus.

mardi 27 août

Être témoin de choses qui nous procurent de belles pensées.

Revu The white diamond de Werner Herzoz en VO non sous-titrée. Ai-je bien compris ceci : le type survole un village, les locaux l’observent, mais comme le ballon est une technologie bien au-delà de leur capacité conceptuelle,ils ne le voient pas. Ce qu’ils voient, c’est un homme seul qui vole dans le ciel.

Dans CAÏMAN, utiliser aussi des dendronautes qui se déplacent au-dessus des arbres en ballon individuel.

mercredi 28 août

l’Ardèche est recouverte de sauterelles aussi diversement colorées que des confettis. L’apocalypse sera joyeuse.

jeudi 29 août

Apéritif chez deux copines de Lisa. Deux chiens. Deux chats.

vendredi 30 août

Minimaliste, T*** traque le superflu ; il s’encombre néanmoins de l’intransigeance.

samedi 31 août

Lisa a 30 ans.

dimanche 1 septembre

Vide-greniers dans la Drôme et dans l’Ardèche.

JOURNAL 2019 / Semaine 35

JOURNAL 2019 / Semaine 34

lundi 19 août

Supprimons les craies et le tableau noir : après tout, ces outils ont participé à la mise au point de l’arme nucléaire.

mardi 20 août

Vu la troupe de la Grande Hâte. Le Revizor (Gogol) et Les Brigands (Schiller).

mercredi 21 août

Lu Les naufragés de Hernán Niera. La partie concernant l’histoire de l’île Ameland est très forte.

Ai répondu au questionnaire de Jean-Guillaume Lanuque concernant un Dimension fantastique. Le jeu est amusant.

jeudi 22 août

Lucius Vorenus (Rome) a le visage aussi inexpressif et figé que Macron.

Les pies font leur nid à une hauteur qui dépend de la pluie à venir. Et elles y placent un couvercle.

vendredi 23 août

TMPSDB : la scène où tous sont pendus par les yeux à l’arbre tournaillant, devant Valentine et ses amis les animaux magiques.

CAÏMAN : il y aura aussi des humains transmués en végétaux – le stade ultime des verts.

Lu Pâques noires de James Blish : narration froide et assez… ésotérique. L’esprit peine à se fixer sur les pages.

samedi 24 août

Commencé à relire pour la pleintième fois le roman auquel je trouve toujours le même plaisir : Les aventures de Gordon Pym de Nantucket. Après, je relirai Le sphinx des glace : puis je tenterai de terminer Les montagnes hallucinées.

dimanche 25 août

Trouvé des daubes au vide-grenier. Dont 3 Russ Meyer vendus 0,50€ par un gars qui avait l’air limité. Il a cru que j’achetai du porno avec des gros seins. Je me suis fait un nouveau copain.

JOURNAL 2019 / Semaine 34

JOURNAL 2019 / Semaine 33

lundi 12 août

Lu Une femme sans histoires (Christopher Priest). Un livre impitoyable avec le monde de l’édition tel qu’il devient dans une ère sans contenu. Nourri d’aigreur adoucie par la subtilité du traitement. Construit et écrit sans aucun effet de surlignage, avec une maîtrise impressionnante, calmement envoyé dans les pattes du lecteur. L’art simple avec lequel Priest pose ce qui défait l’histoire. Mind-fucking, comme on dit en Corse. On sent vraiment ici que ce qui tente Priest est d’annihiler la construction absolument illusoire d’une histoire – une tentation qui m’est familière : la pression et la tension dues à traquer l’incohérence du récit, à retourner celui-ci sur lui-même jusqu’à le rendre imperméable, requiert une telle concentration qu’à un moment de son élaboration, on a envie de saborder l’affaire juste pour respirer, pour sortir la tête du fictif, de revenir à des préoccupations réelles. Plus qu’une dénonciation de l’ère Thatcher comme je l’ai lu dans un résumé, qui pour moi ne serait qu’un prétexte, j’y vois ceci, plus intime, plus convaincant, plus désespérément lucide. Et j’aime cette fin en suspens, qui ne résoud rien, qui cesse.

Deux chose positives tout de même, à propos de Rome : le radeau fait de cadavres d’hommes gonflés par l’éther plutonique. Et les deux notes introduisant le thème musical rappellent Litanie of Saints dans l’album Goin’ back to New Orleans de Dr John.

mardi 13 août

Les rêves sont les limites besognées de notre esprit.

Effacement par l’incertitude des cadres du récit.

mercredi 14 août

Les Boutel sont à la Grange

jeudi 15 août

Les Boutel + les Verdier sont à la Grange

vendredi 16 août

Les Boutel + les Verdier sont encore à la Grange

samedi 17 août

Les Boutel + les Verdier sont toujours à la Grange

dimanche 18 août

Les Boutel sont encore à la Grange. (On a mangé les Verdier.)

JOURNAL 2019 / Semaine 33

JOURNAL 2019 / Semaine 32

lundi 5 août

Les gens usent des médias principalement pour déconsidérer leur propre humanité. Ou, pour dire autrement : les médias sont quasi exclusivement au service de gens qui y témoignent de l’abandon de leur humanité.

Dans un conte, une présence apparaît et soutient le récit avec toute la logique nécessaire, mais sans l’adéquation formelle requise. Ce sera une chèvre à la place d’un chevreuil alors qu’on est en forêt et que la présence du second serait plus logique que celle de la première, ce genre de pas de côté irréductible au simple bon sens. Souvent, le conte est réfractaire au bon sens narratif, il obéit à autre chose. Donc, il nourrit une exaspération chez le lecteur qui pense : si cela était remis droit, alors l’histoire serait plus claire et sa portée plus grande. Mais c’est justement cette désobéissance qui rend le conte fascinant.

Dans un conte, les faits arrivent et bousculent l’esprit avant que celui-ci puisse les analyser.

La grande force des contes réside dans le manière de rester inintelligibles. Interprétés de mille manières, avec mille outils philologiques, mais, au fond, inintelligibles.

Parmi mes amis qui sont morts, l’un d’entre vous a-t-il des nouvelles de Philip K Dick ?

La forêt des Mythimages (Robert Holdstock) : plan-plan jusqu’à l’arrivée dans le récit de la fille peinte en vert avec ses dents vertes et ses contes. Là, à cet endroit, c’est renversant. Et puis ça retombe. De plus, à la première lecture, dans les années 80, les images mentales issues du récit étaient fortes ; maintenant, elles sont parasitées par les effets spéciaux des films, effets semblables jusqu’à l’écœurement. Freya, je vois des CGI. Les créatures, CGI. Pour tout, je vois des CGI. Merde de merde. Littérature gâtée par les daubes industrielles, même lorsqu’elle date d’avant. Devant un écran, il est urgent de fermer les yeux.

mardi 6 août

Vu à la file trois films tournés en Écosse :

The vanishing (Kristoffer Nyholm). Creux malgré Peter Mullan, Gerard Butler et Connor Swindells.

Mary Queen of Scots (Josie Rourke). Grand soin des costumes, qui ne sont jamais la raison de l’image. Aucune sophistication esthétique trop appuyée (contrairement à La favorite). Un rideau en fond de salle de réunion, comme au théâtre. Très bien joué par Saoirse Ronan et surtout Margot Robbie, défigurée par la variole, faux nez, talquée et emperruquée. On y croise même David Tennant et Brendan Coyle. Les quatre femmes qui servent de garde rapprochée à Mary Stuart sont excellentes lorsqu’elles aboient après les hommes pour les faire dégager. L’un des meilleurs films vus dernièrement.

Stardust (Matthew Vaughn), une fantasy qui enfile les poncifs du genre de manière enjouée, ou tout le monde cabotine. Pas désagréable. Mais bon.

Suggéré par la lecture du Robert Holdstock : écrire mon post-apo (celui avec les caïmans et les famines paysannes du XVIIe) à rebours. À mesure que mes protagonistes se déplacent, ils vont vers une sorte de vortex temporel, vers ce qui a engendré cet état des choses et butent sèchement contre les politiques actuelles.

Plutôt qu’appartenir à un courant littéraire, je me suis bâti un gué qui traverse et s’oppose au courant. Un gué fait d’auteurs ou de livres dont il va falloir que je dresse le registre un de ces jours.

mercredi 7 août

Le temps passe et nous dévore. Nous ne sommes que des chips apéro sur une table basse.

Les dirigeants actuels refusent de considérer l’après-eux. Ils criminalisent les citoyens, tous – ceux qui se dressent contre comme ceux qui les maintiennent au pouvoir. Ils nient la course à l’abime. Ils préfèrent le homard à l’humain. Démembrons-les tous. Noyons-les dans la banquise fondue. Clouons-les aux troncs brûlés de Sibérie. Roulons-les dans du film alimentaire. Gonflons-les au dioxyde de carbone. Maintenons-les en-deça d’un seuil de 3% d’air respirable. Prenons-leur la température au chalumeau à acétylène. Bref, passons outre.

La prochaine extinction de masse devra donc concerner les grands actionnaires.

Post-apo (appelons-le CAÏMAN) : adjoindre aux personnages une vache avec un hublot. Et toutes les variations sur la chose. Signes de la folie de temps révolus.

jeudi 8 août

Vu The broken (Sean Ellis) une resucée correcte des Profanateurs de sépultures mais tout de même très mince. Infiniment moins intéressant que Cashback.

Et les vieux sols s’ouvriront pour accueillir les débris des nouvelles civilisations.

La majorité silencieuse est mollement déloyale.

vendredi 9 août

Première scène décrivant une violence inouïe entre deux personnages. L’un prend le dessus, s’acharne sur l’autre, le coupe partout, le blesse, le perfore. L’autre ne meurt pas, n’arrive pas à être tué et son assaillant tombe littéralement d’épuisement au bout de plusieurs heures de corps à corps. S’endorment l’un sur l’autre. Au réveil, leurs sangs sont mêlés, coagulés. Ils restent ainsi, à se regarder, une sorte de trêve due à l’extrême fatigue qui les cloue l’un à l’autre. Cela dure indéfiniment. Ils en profitent pour parler. Un lien se noue. Puis, lorsqu’il a recouvré assez de forces, le premier tue enfin le second.

Rome : comment les talents conjugués de John Milius et de Michael Apted peuvent aboutir à un tel truc mou, confus, mal dirigé et filmé comme une telenovela brésilienne ? Aux décors infiniment tristes, Rome à la dimension d’un coin de rues à Aubervilliers, trois branches d’un terrain vague comme campagne italienne. Des trucs drôles (Que Triton me suce la bite), des personnages de lourdingues, mais bon. Mol divertissement pour fatigué de salle de garde

samedi 10 août

Vu La peau douce (Truffaut) juste pour Paris en 1964. Et Orly, Reims, Lisbonne. Peu de monde dans les rues, toujours une place pour se garer. Un clone de Hollande (Desailly) trompe sa femme avec une hôtesse de l’air (Dorléac). Personnages horripilants. Balzac, Gide, Allégret. Filmé avec ce genre de fluidité qui entraîne l’œil alors qu’on se branle le tamponnoir de tout ça.

Ce n’est pas tant le respect d’une structure narrative et ses avancées nécessaires au récit, c’est aussi et surtout de faire croire au lecteur, de manière ponctuelle et imprévisible, à un embranchement insoupçonné de l’histoire.

Début d’histoire : [Le personnage] ouvrit d’un coup la couverture du livre et rugit.

dimanche 11 août

Vieux, lorsqu’on se penche sur sa vie, on devient un rétrospectre.

JOURNAL 2019 / Semaine 32