Parutions : liste chronologique

(chaque titre grisé renvoie à un article ; à terme tous auront le leur.
mais dans un parfait désordre de publication – selon notre humeur.)
Vous trouverez le lien vers le site de l’éditeur entre parenthèses.

[2008]
la rivière sans visage (Harry Dickson No. 181 / FASCICULE)
Le ministère du grand nocturne (Harry Dickson No. 184 / FASCICULE)
LE RÉVEIL DU CHRONOMAÎTRE (Harry Dickson No. 187 / FASCICULE)

[2009]
Le baal des psychonautes (Harry dickson No. 182 / FASCICULE)
le secret de la pyramide invisible (Harry dickson No. 183 / FASCICULE)
la treizième face du crime (Harry dickson No. 202 / FASCICULE)
crime avec fait étrange (hebna calde no. 1 / fascicule)
le dieu inhabité (Harry dickson No. 185 / FASCICULE)
crime avec singe (hebna calde no. 2 / FASCICULE)

[2010]
le meurtre de poplar hospital (lady lace no. 1 / FASCICULE)
le désert des chercheurs d’ordre (Harry dickson No. 186 / FASCICULE)
Jeanne d’arc contre le maître des vampires (jeanne d’arc no. 1 / FASCICULE)
jeanne d’arc au pôle nord (jeanne d’arc no. 2 / FASCICULE)
le fil à couper le cœur (Harry dickson No. 188 / FASCICULE)

[2011]
la mort aux tentacules de poussière (le psychagog no. 1 / FASCICULE)
souvenirs à propos de harry dickson par un affabulateur venu de mars (PRÉFACE)
musée-homme (NOUVELLE)
chimère (NOUVELLE)
l’isoloir (NOUVELLE)

[2012]
le cimetière des hommes morts (harry dickson No. 189 / FASCICULE)
ravageuse ! (cover to cover no. 1 / FASCICULE)
oops !… they did it again (NOUVELLE)
l’homme au cœur double (NOUVELLE)
the man with the double earth (NOUVELLE / TRADUCTION de la précédente)

[2013]
les revenants de l’île de pâques (NOUVELLE)
necroporno (ROMAN)
on se revoit à la saint-truphème (NOUVELLE)
SEPT POUR UN MILLION (NOUVELLE)
Amour, siamois et sorcellerie (NOUVELLE)
JE ME DÉCIDAI POUR UNE HISTOIRE COURTE (NOUVELLE)
les onze mille gorges de l’océan (NOUVELLE)
l’île du docteur corman (FASCICULE)

[2014]
les porteurs de deuil (Harry dickson No. 190 / FASCICULE)
la machine à explorer baker street (NOUVELLE)
chienne (NOUVELLE)

[2015]
les marionnettes de la mort (NOUVELLE)
hors des eaux (NOUVELLE)
killing joe d’amato (NOUVELLE)
le bruit des os (NOUVELLE)

[2016]
harry dickson s’amuse (NOUVELLE)
harry dickson 1 (RECUEIL)
VERs MARS à bicyclette (PRÉFACE THÉÂTRALE)
HARRY DICKSON 2 (RECUEIL)
l’homme qui traversa la terre (ROMAN)

[2017]
L’eau-delà (NOUVELLE)

[2018]
Femmes d’argile et d’osier (roman)
un couteau inconsolable (Harry dickson No. 191 / fascicule)
Firmin le lapin (nouvelle)

[2019]
Un spectre hante les Imaginales (Humeur)
Un épisode de la chasse au P. (NOUVELLE)
Parutions : liste chronologique

2020 / chapitre 38

La fille des voisins, 25 ans, fête la fin de ses examens de concours d’entrée à la magistrature avec des copains, dans la maison d’à côté. Techno à fond les ballons, la musique accélère puis se calme, ils crient ensemble, ça s’entend dans le hameau, jusqu’au matin, deux jours de suite. Autour, il y a des vieux paysans, leur fils peu aimable, une femme seule avec ses mômes, des maraîchers qui partent au travail tôt, un routier qui rentre une fois par semaine. Les chiens aboient. Drôle de mélange. Je me sens plus vieux d’une ou deux générations, ce à quoi je me suis attaché par la force du souvenir n’a pas court chez les amateurs de techno, pas plus que la campagne en tant que telle, ce que j’ai vécu culturellement est invisible à leurs yeux, leurs habitudes à eux me sont perceptibles dans leur étrangeté convenue. Ils se souviendront de ce weekend, comme je me souviens de ceux avec les copains-copines dans la maison de campagne d’un d’entre-nous, dans les années…

Les films Dark Knight et Joker ont réintroduit la pesanteur dans le monde désengagé des comics.

La porte (Magda Szabó) Autrefois, un certain nombre de personnalités habitaient notre quartier, la police parcourait souvent les rues, puis les hommes politiques ont déménagé, d’autres sont morts et les rondes ont cessé à mesure qu’ils disparaissaient. (p. 57).

2020 / chapitre 38

2020 / chapitre 37

Littérairement, le genre repose sur une sclérose du champ de perception.

Rôde et tu apprendras.

Un livre est un sac de papier.

Les politiques n’écoutent jamais les gens, ils s’en fichent et les engluent dans des obligations et des considérations électorales, comme des oiseaux.

La totalité de la production SF s’est trouvée transbordée dans les soutes du Millennium Falcon.

Idée d’histoire : Sept jours au XXIe siècle. Sept jours avant, pendant et après un événement (pandémie ?) où sont décrits par le menu les agissements de personnes sans rapport les unes avec les autres. Notes précises et erratiques qui seules dressent l’arrière plan.

Le monde d’après est déjà là ; mais nous qui sommes du monde de maintenant ne le voyons pas. Il n’y a pas de rupture (autre qu’artificielle, clivante), de Louise Michel écoutant Auguste Blanqui jusqu’à Nabilla et son influenceur à Dubaï. C’est le même monde. Le nôtre. L’autre, celui d’après, nous restera imperceptible – sinon par de menus détails comme la fin de la pop/geek culture et par notre disparition.

Il est aisé de faire paraître n’importe quoi pour un mystère apte à solliciter notre intérêt – et à nous faire perdre notre temps sans contrepartie. La production culturelle (séries, livres, films) actuelle le montre bien.

Une république lumineuse (Andrés Barba) Histoire mystérieuse de 32 enfants mystérieux, gâchée par un narrateur trop présent. Beaucoup moins pertinent que le Running wild de Ballard. Certaines maisons changent leurs habitants en reptiles, d’autres en hommes ou en insectes. (p. 180).

L’oppressif se réinvente continument.

Nous savons que nous vivons une époque de merde.

Tenet ne procure aucunement la sidération qu’on serait en droit d’attendre d’une telle débauche de moyens.

À dresser : liste des acteurs pouvant jouer un insecte. Brad Dourifore / Nicole Kidmanneton / Christopher Leebélulle / Clarck Gableille / Tom Hardyptère / Guy Pearce-oreille, etc., etc.

Il n’y a pas à appeler les choses par A + B.

C’est pas tous les jours Byzance.

(Polar pour Eméric Cloche) : Un meurtrier / un crime, l’un et l’autre connus du lecteur – Un enquêteur. Le lecteur voit le chemin qui les sépare et se dispose à lire l’approche du second vers le premier. À mi-parcours, ils se côtoient le temps d’une scène. Et là, tous deux meurent dans un accident, en ignorant se trouver côte à côte. Un des personnages de l’entourage de l’enquêteur reprendra l’affaire et découvrira la vérité. Ou pas.

La preuve que l’immobilier pue dans l’Yonne : les maisons à Cheny cotent.

Le mangeur d’homme (R. K. Narayan) — Nataraj, disait-il, la vie est trop courte pour que l’on échange une parole avec chacun des trois cent millions d’habitants de ce pays. Il faut ignorer la plupart des gens. (p. 47). Mon expérience m’avait appris qu’il était important de se débarrasser d’un manuscrit sans perdre de temps. Une fois qu’il s’installe chez vous, vous avez perdu votre liberté et c’est l’auteur qui commande. (p. 52). Il était capable de me briser le dos ou de me secouer, la tête en bas, jusqu’à ce que mes dents tombent par terre. (p. 174). — Avez-vous jamais songé qu’un éléphant a beaucoup plus de valeur mort que vivant ? Déjà, il n’est pas nécessaire de le nourrir. Et puis, je peux tirer dix mille roupies de toute sa dépouille : les défenses, si mes calculs sont justes, pèsent bien quarante livres : cela fait huit cent roupies. J’ai déjà une commande pour les pattes, que je monterai en porte-parapluies. Les poils, je les vends douze annas pièce pour en faire des bagues et des bracelets. Les femmes en raffolent, c’est leur affaire… La première chose que je ferai sera d’arracher tous les poils pendant que le sang est encore chaud. La trompe, les pattes, même les ongles, tout à de la valeur chez ces bêtes-là. En ce sens, l’éléphant est un animal parfait. (p.199).

2020 / chapitre 37

2020 / chapitre 36

La politique actuelle ressemble à un magasin vide, avec des mannequins poussiéreux en vitrine.

J’ai revu tout Tenet dans un seul plan à la 103e minute du Demolition de Jean-Marc Vallée (avec Jake Gyllenhaal et Naomi Watts).

L’auteur avait l’habitude de se promener sur les toits de tuiles molles, d’y passer des mois à penser à ses histoires. Il n’y a pas de meilleure page que la tuile ni de meilleure tuile que la page pour construire un toit où construire un toit. Sous le toit, l’auteur est 917 € net. Il est le pourcentage d’un pourcentage. La croûte du camembert, sa bactérie. L’auteur est un gaz pour la flamme du Lauréat inconnu, le Prix sans valeur, la danseuse du festival, le sans-attaché-de-presse. L’auteur est l’interface de chair entre l’éditeur et la subvention. L’auteur livre un vague gris typographique au maquettiste, l’auteur doit prendre un pseudonyme lorsqu’il affirme que le représentant gagne, lui, plus de 917 € à ne pas mettre en place son ouvrage en librairie. L’auteur est celui qui vit d’imagination à destination d’universitaires qui n’en ont aucune. Il est leur ami moribond, il est leur lapin étranglé au collet dans la garenne des thèses, il est leur circonvolution cérébrale apprivoisée. J’avais l’habitude de me promener sur les toits de tuiles sèches. Fendues. Je suis une moisissure acrimonieuse. (Texte pour accompagner une photo d’Olav Cresp)

Those iron maiden, cool as a / marble slab / They wrap around you and the cold knives / cut and stab / I can’t live my life as someone else’s shish-kebab (Richard Thompson, Backlash love affair)

Reflets dans un œil d’or (John Huston, 1967). J’ai cru à un remake français avec Albert Dupontel (Marlon Brando) et Catherine Ringer (Elizabeth Taylor).

À rechercher désespérément des séries dans leur univers, les amateurs d’imaginaire me font l’effet de souris qui tournent sans fin dans un labyrinthe monté de leur propre gré, devenu stérile et qu’ils ne tiennent pourtant pas à quitter.

Tzotzil (Juan Pérez Jolotte – récit de la vie d’un indien mexicain recueilli par Ricardo Pozas) Qui sait ce qui va nous arriver ; ils arrivent pour nous manger, et on ne sait pas qui vient nous manger. (p. 33). Dans chaque maison, il y a une table avec la nourriture pour les âmes. La table pour les âmes de nos parents portait des fleurs femelles potze nichin et juncia. On mettait aux âmes deux morceaux de viande cuite dans la soupe au choux, trois pilabi, trois chen culbaj et un huacal de bajalul, pour chacune. […] Pendant la nuit, ils allèrent allumer des chandelles où moururent d’autres parents. Moi, je restai dans la maison neuve, là où aucune âme ne viendrait. (p. 47).

2020 / chapitre 36

2020 / chapitre 35

2020 CHAPITRE 35

Les cliniques, centres, banlieues ou rivages de Ballard, jamais les mêmes, toujours là, éparpillés dans ses nouvelles sans cohérence temporelle ou géographique acquièrent bien plus de réalité que les univers fantasy dûment cartographiés.

(lundi 24 août 2020 🙂 Je suis un
(vendredi 25 septembre 2020 🙂 écrivain
(mercredi 13 janvier 2021 🙂 prolifique.

Les rejetons des riches naissent avec une cuiller en argent dans le cul.

Les démocraties actuelles livrent clés en main aux crapules tout un protocole de hold-up.

Hier – ou demain –, j’écrirai à propos de l’impact des voyages dans le temps sur la procrastination.

The voices of time (J. G. Ballard) It’s a despairing and at present unacceptable vision of the future, but it’s the only one. Five thousand centuries from now ou descendants, instead of being multi-brained star-men, will probably be naked prognathous idiots with hair on their foreheads, grunting their way through the remains of this Clinic like Neolithic men caught in a macabre inversion of time. Believe me, I pity them, as I pity myself. My total failure, my absolute lack of any moral or biological right to existence, is implicit in every cell of my body… (p. 181).

Issu de la peinture et des arts plastiques, ayant lui-même confectionné le monstrueux bébé d’Erasehead, David Lynch n’imagine pas déléguer la création du visage de John Merrick. […] Le cinéaste se rend donc dans le Montana […] sur le tournage de La Porte du Paradis, où il réalise un buste de John Hurt. (Alexandre Prouvèze, à propos du film Elephant Man, Carlotta)

The Last Word of Mr Goddard (J. G. Ballard) Comfortable pension, little house of your own, the world’s your oyster. (p. 205).

Studio 5, the Stars (J. G. Ballard) Her personality seemed totally dissociated, her awareness of me varying abruptly from one level to another, like light-change in a bad motion picture. (p. 213).

2020 / chapitre 35

2020 / chapitre 34

Manhole 69 (J. G. Ballard) Three hundred million years ago we became air-breathers and left the see behind. […] in point of fact you haven’t left the primeval sea behind. You’re still carrying a private replica of it around as your bloodstream. All you did was to encapsulate a necessary piece of the physical environment in order to escape it. (p. 58). Continual consciousness is more than the brain can stand. Any signal repeated often enough eventualy loses its meaning. […] After a point, the brain’s self awareness dulls. It’s no longer able to grasp who or why it is, and it rides adrift. (p. 65).

Médecin. Salle d’attente. Une vieille femme, cheveux gris, visage et mollets ridés, deux cannes, s’assoit et sort de son sac le dernier Inrockuptibles.

Les fonctionnaires chinois du service de l’immigration se montrèrent aimables, me demandant si […] je n’importais pas de « documents de nature salace ». Que voulaient-ils dire ? Le dernier Julie Burchill, ou – pourquoi pas – une biographie de Donald Trump ? (J. G. Ballard, Déverrouiller le passé, in The Daily Telegraph, septembre 1991.)

Le rôle actuel de pas mal d’auteurs SF est de pondre un ouvrage d’imagination à destination des universitaires, qui n’en ont aucune.

Nos existences sont inlassablement cryptées.

The voices of time (J. G. Ballard) as Kaldren tirelessly trapped the sky, sluicing in millions of cubic parsecs of sterile ether (p. 173).

Contrairement aux autres animaux, l’humain a les ressources pour atténuer la douleur, la sienne et celle d’autrui ; depuis le début, avec une opiniâtreté qui confine au génie, il en invente de nouvelles chaque jour.

Pour apprécier les subtilités d’un genre, il faut en être fan hardcore. Sinon, c’est cuit, on prend l’inintérêt du truc direct dans la tronche.

2020 / chapitre 34

2020 / chapitre 33

Crash! (J. G. Ballard). C’est tout de même un sacré morceau. Variation (et non épuisement) d’une idée périlleuse et réussie. Rien de dérangeant, rien d’extrême, pas d’écriture voyeuriste ou complaisante pour la déviance explorée. Après avoir été harcelé sans relâche par la propagande de la sécurité routière, c’était presque un soulagement que de se trouver mêlé à un accident réel. (p. 50). la carrière médicale est une porte ouverte à tous ceux qui nourrissent une rancune envers l’humanité. (p. 55). je me suis rendu compte que tout le paysage qui formait le cadre de mon existence était maintenant délimité par un horizon entièrement artificiel. (p. 65). *les unités monétaires d’une circulation nouvelle de la douleur et du plaisir. (p. 155). Une photo d’agence de la voiture accidentée d’Albert Camus avait été considérablement retravaillée. Les termes « arête du nez », « voile du palais » et « arcade zygomatique gauche » figuraient en divers points de la planche de bord et du pare-brise. Plus bas, une zone du tableau de bord étaient réservée aux organes génitaux de Camus. Les cadrans étaient voilés de hachures précises dont la clé se trouvait à gauche, dans la marge : « gland », « spectum », « canal de l’urètre », « testicule droit ». […] L’ensemble était recouvert d’une longue traînée blanche pointillée en forme de V : « sperme ». (p. 157). Clin d’œil à La forêt de cristal : On eût dit que son cadavre était en train de cristalliser (p. 210).

Trahir. Étouffer. Réprimer. L’illégitimité des gouvernements est de plus en plus mise à nu par les catastrophes sociales qu’engendrent la corruption et la main-mise sur l’offre démocratique ; leur réponse ? La mitraille et l’emprisonnement. Leur chute, qui se serait étalée sur une ou deux décennies se condense en une année. L’époque s’accélère. Ce ne sont plus des informations, ce sont des coups de boutoir. L’état du monde trahit qu’il ne subsiste plus que l’expression politique d’une psychopathologie en guise de gouvernance.

L’île de béton (J. G. Ballard). Dispensable. Argument trop fragile pour permettre un roman. une monnaie artificielle de mimiques et d’attitudes. (p. 186).

IGH (J. G. Ballard) Ballard ne se laisse pas emporter par une description lyrique des possibilités offertes par ses thèmes. Il cérébralise un décor, une situation donnée qui ne nécessite pas ou peu d’avancée de la part des personnages. Il est ainsi libre d’aller et venir selon son humeur. Ses histoires n’ont pas à aboutir ni même à épuiser leurs possibilités. Il n’a pas à faire avancer l’intrigue. Il sait alléger ses romans par une logique de progression assez sautillante. Il ne s’appesantit pas sur des détails qui seraient destinés à estomaquer le lecteur, il progresse avec une roublardise elliptique et tranquille. Il n’est pas question de régression barbare. L’humour malveillant, l’empressement qu’on apportait à croire les racontars les plus ahurissants qui illustraient l’apathie des gens d’en bas ou l’arrogance des gens d’en haut, tout cela avait l’intensité des préjugés raciaux. (p. 52). Un nouveau type social allait naître dans la tour, une personnalité nouvelle, plus détachée, peu accessible à l’émotion, imperméable aux pressions psychologiques de la vie parcellaire, n’éprouvant pas un grand besoin d’intimité : une machine d’une espèce perfectionnée qui tournerait fort bien dans cette atmosphère neutre. L’habitant satisfait de ne rien faire sinon rester assis dans son appartement trop coûteux, regarder la télévision avec le son baissé et attendre que le voisin fasse un faux-pas. (p. 59). la tour représentait l’achèvement de tous les efforts de la civilisation technologique pour rendre possible l’expression d’une psychopathologie vraiment « libérée ». (p. 61). dans le genre d’avenir qui se préparait, le chien se révélerait fort utile, […] il posséderait une valeur d’échange supérieure à celle de n’importe quelle femme. (p. 161). A l’avenir, songea Royal, la violence aurait manifestement valeur de communication sociale. (p. 165). IGH n’est pas régressif. On aurait tort de qualifier les grognements des femmes de néanderthaliens : elles répètent, au contraire, les vagissements d’accouchements enregistrés par le gynécologue. (High-rise, le film de Ben Wheatley, par contre, est dispensable.)

Il est encore trop tôt pour parler de futur.

Hameau : nom vernaculaire de lotissement.

L’ensauvagement de la classe dirigeante et la hargne de ses laquais réveille en nous l’envie de tout péter ? Oui, mais bon, se révolter… Patience camarade, time is on our side : je constate que sur les 25 présidents de la République française, seuls quatre sont encore en vie.

[Lorsqu’à force de se tapoter le bout du nez, Valentine eut atteint huit ans, elle me dit :
— Tu sais, Gj, une fois, j’ai écrit un roman. Je ne l’ai surtout pas écrit selon un plan préétabli. Éviter cette approche n’est pas si facile, mais j’ai tout de même réussi à saisir l’émotion qui préludait à mon histoire. C’est très délicat, mais ce n’était pas le plus dur. La vraie difficulté est venue ensuite. J’ai dû veiller à toujours me dérober au plan que le livre tissait de lui-même. Il a fallu que je déjoue ses évidences, ses sollicitations mécaniques, ses solutions narratives qui surgissaient comme l’écho indésiré de codes et d’imprégnations relatives à un genre – tromperies qu’il fomentait par l’entremise de ses personnages ou par l’apparition de solutions clés en main à des situations imprévues. C’était très sournois de sa part. Il a fallu que je reste vigilante, surtout après le chapitre 39. Le chapitre 39 a été le plus incertain, car je m’étais avancé très loin dans l’histoire. C’est à ce point que sont apparues des manières inadéquates de solder l’affaire, des fausses fins, des fins en toc. Je ne voulais pas ressortir de là en ayant achevé ceci alors que je désirais cela.
— Et qu’est-ce que racontait ton histoire ?
La Transformation du Monde en un Caïman Borgne, sa Guérison et son Envol dans l’Interastral me répondit-elle en saupoudrant sa phrase de majuscules.
— Et cette histoire, tu l’as menée à son terme ?
— Bien entendu. Caïman s’est ébroué pour chasser l’humanité qui grouillait sur sa squame et s’est envolé. Mais avant de s’élancer hors du système solaire, me précisa la fillette en me montrant du doigt le ciel nocturne, il a remis la lune – son œil droit – dans l’orbite d’où elle avait sauté il y a très longtemps.
Je la crus sans peine, car, me dis-je, il est vrai que je n’ai pas aperçu le satellite depuis belle lurette.] (Gj Kallenavne, ma troisième rencontre avec Valentine, p. 163)

2020 / chapitre 33

2020 / chapitre 32

Le monde englouti (J. G. Ballard). La lecture de Ballard me fait songer à ces images stéréoscopiques, sur deux plans, qui imitent un faux relief : les personnages agissent de manière peu compréhensible devant des décors dont ils sont un élément ; ils bougent, mais au final ont été immobiles, jouets d’un égarement intérieur qui se mêle aux paysages. Ils évoluent à la jonction du dedans et du dehors. Ils sont en prise avec le temps écoulé et avec le temps à venir. J’avais souvenir d’un roman prenant ; je le trouve maladroit, ça piétine, ça gesticule beaucoup, pour livrer des scènes assez grotesques. OK, il se démarque des apocalypses habituelles, OK, sans doute Ballard se cherche-t-il (c’est son deuxième roman). Mais c’est confus et je ne suis pas certain qu’il y ait eu le travail éditorial nécessaire. J’ai l’intuition que c’est un bouquin au mieux mal traduit (phrases au sens douteux, répétitions) et au pire un bouquin gesticulant pénible à lire. Ballard est à la peine, côté narration. Sera-t-il, comme Kipling, meilleur novelliste que romancier ? Il reste que les causes de l’affaire sont amusantes : Pourtant, je suis convaincu que, en retournant dans le temps géophysique, nous remontons le couloir amniotique et réintégrons, en passant par une ère spinale, le temps archéophysique. (p. 53). Pour utiliser le langage symbolique de la théorie de Bodkin, il était en train d’abandonner ses estimations conventionnelles du temps, relatives à ses propres besoins physiques et entrait dans le monde de l’infini, le temps neuronique. (p. 59). C’est toute la planète qui est en train de revenir rapidement à la période mésozoïque. — Précisément, […] nous y retournons également. Ceci est notre zone de transit. (p. 113). les immeubles vidés comme des poissons (p. 157).

La tentation d’abdiquer devant la limitation ressentie par son propre esprit des limites de son propre esprit.

Les faits surviennent toujours trop tard.

La question n’est pas tant : Qu’est-ce que la SF ? mais : Qu’est-ce que vous en feriez ?

Running wild (J. G. Ballard, 1988). Le plus terrifiant de l’affaire, ce n’est pas que les enfants ultra-choyés d’une résidence privée s’entendent tous pour assassiner leurs parents et disparaître, mais qu’avec l’évolution technologique des CCTV, aujourd’hui, ils ne le pourraient plus.

Chaque genre littéraire fonctionne comme la soupape d’autres genres fermés sur eux-mêmes.

La forêt de cristal (J. G. Ballard) La transformation ballardienne du monde est réussie, les causes de cette transformation subtiles et poétiques ; ses personnages sont là pour tarauder la fiction en s’agitant, cette agitation est rendue de manière toujours un peu idiote, pesante, sans tenants et aboutissants clairs, comme un tribut payé à un genre qui demande de l’action. Je n’ai jamais vraiment compris ce que faisaient ses personnages, à part montrer le délitement de l’activité, un sursaut réflexe sans objet. Ballard les travaille d’une drôle de manière. Ils n’accomplissent rien. Ils sont toujours englués dans les mêmes rapports avec les autres. Leur fonction narrative n’est pas de faire progresser l’intrigue – et d’ailleurs, il n’y a pas d’intrigue à proprement parler. Un satellite ayant traversé le ciel comme une balise de détresse. (p. 43).

Des quatre apocalypses ballardiennes, je sauverai Sécheresse pour le chassé-croisé des personnages, ses ellipses, sa description du littoral avec la tôle rouillée des véhicules. Le vent de nulle part est anecdotique. Le monde englouti est très brouillon. La forêt de cristal tient la route, mais certains passages comme le chapitre XI sont à peine lisibles, avec ces personnages qui se parlent en répétant sans cesse le prénom de leur seul interlocuteur. Pour l’heure, Ballard ne m’apparaît pas encore bon romancier ; par contre, il sait déjà être un dialoguiste médiocre. Les dits de ses personnages sont interrompues par des didascalies intempestives et systématiques. Romans, dit-on, où il se cherche dans le fond et sur la forme. Salutaires premiers écrits, car son exigence de ne pas faire dans un genre est là (échapper à la lecture pavlovienne qu’est la consommation de « genre », comme le dit Robert Louit).

Je pourrais finir en prison – si j’y mettais un peu du mien.

Something must be done about it Something must be done right now ’bout the silly people trying to run the world (John Cale, Model Beirut Recital)

Je ne suis ni ne cherche à être un expert en rien. Je n’ai pas de territoire de connaissances où j’en remontrerais à quiconque. Je ne suis pas mû par une curiosité monomaniaque. Je ne suis pas apte, en fait, à de tenir à disséquer une œuvre, une période, un thème, une place. Je ne subis pas la même vague de curiosité allant frapper et frapper un même endroit. Je ne suis pas bienveillant avec mon esprit. Je lui laisse de la corde. Il batifole. Je ne l’utilise pas comme une machine à extraire des faits, à collecter des facettes. Je ne lui accorde pas un rôle prépondérant. Il ne m’aidera jamais à affirmer ma raison face à autrui.

2020 / chapitre 32

2020 / chapitre 31

Covid : Vivement que le carcan économique et son dogme du chiffre disparaissent pour un retour à une saine barbarie et non plus un désordre ayant les figures de tous ces dirigeants corrompus, clivants et vindicatifs actuels. Entretuons-nous et survivons sans structures sociales affaiblies et combattues.

Gosh. Le Grand Prix de l’Imaginaire 2020 aux… pffffurtifs. Stratégie désespérée pour faire décoller les ventes ?

Un individu regarde son clone se faire dévorer vivant par un lion.

Sécheresse (J. G. Ballard). Aurait pu s’appeler Sécheresse à Hamilton. Bien que planétaire, et contrairement au Vent de nulle part, l’affaire est circonscrite géographiquement. La disparition du fleuve donne à voir la disparition du temps, son arrêt, son existence n’est plus que par fragments immobiles du passé. C’est Parménide dans la poussière.Désespérément poussif et elliptique. On suit des personnes dont on nous fait part de leurs motivations et de leurs pensées comme par émiettement. Nous les observons, ce sont des insectes qui nous sont déjà devenus étrangers, qui vont et viennent. L’intrigue est rongée, tout comme ces littoraux de voitures ensevelies par le sel. Je pense que c’est un roman né d’une impulsion. Soit le tableau de Guy Tanguy en est à la base, soit c’est ce à quoi Ballard s’est accroché pour écrire. La narration progresse par courts chapitres impulsifs, le révélateur d’une absence voulue de plan ou d’intrigue, de l’épuisement de l’idée de base, de sa dissolution par le texte, qui se désagrège lui-même. C’est une époque intéressante… rien ne bouge, mais tant de choses se passent. (p. 25). Et certaines scènes du roman font songer au désert matriciel de Crash !. C’était comme si sa face portait déjà des blessures d’un accident de voiture effroyable qui se produirait quelque part dans l’avenir. (p. 57). Ne te tracasse pas. C’est la ville. Elle est en feu. (p. 58). Il regarda les bateaux autour de lui. Sans ombre sous le soleil vertical, leurs structures arrondies semblaient avoir été rongées de partout, au point de ne conserver qu’un vague reste de leur identité originelle, comme les fantômes d’un univers lointain où les images vidées de sens gisaient dans les creux de quelque temps perdu. La lumière toujours égale et l’absence de mouvement donnaient à Ransom l’impression d’avancer dans un paysage intérieur où les éléments de l’avenir l’encerclaient comme les objets dans une nature morte, sans forme et séparée du monde. (p. 247). À la fin du roman, c’est exactement là que part le héros : À sa grande surprise, Ransom observa qu’il ne projetait plus lui-même d’ombre sur le sable, comme s’il avait enfin terminé son voyage sur les rives du paysage intérieur qu’il avait porté en lui durant tant d’années. (p. 316). Au prétexte d’une autre apocalypse par les éléments (le vent / l’eau), Ballard ne résiste pas à l’impulsion brouillonne, qui a pu lui apparaître à l’écriture, d’escamoter le temps. L’impression laissée par la lecture est plus appréciable que la lecture même. Impulsion et retrait, immobilisation : c’est le sentiment qui revient lorsque je repense aux bouquins de Ballard lus il y a des années. Régression, présent et projection se juxtaposent en manifestations statiques, immobiles.

Subsaharien ou Afrodescendant (Leonora Miano)

Parlant d’eux, Valentine, qui atteignait douze ans à ce moment de l’histoire, ôta le sucre d’orge de sa bouche et dit : — Qui sont-ils ? Des « entre-soi ». Un troupeau protégé par des forces de l’ordre, tous deux dénués d’affects. Des autocentrés à sang-froid bouffis d‘eux-mêmes créant des postes administratifs sans nécessité directe avec les affaires relevant du bien commun. Leur nomination à une responsabilité publique est une étape utile à leur carnet d’adresses. Ce sont des carriéristes de l’égo investis d’une mission simple : que notre futur soit un cauchemar stérile. Comment s’y prennent-ils? En antagonisant perpétuellement et délibérément les critiques à leur encontre. Ce sont les maîtres d’un cirque sinistre. Ils lâchent d’abord les clowns sur la foule, puis les dompteurs. Il n’y aura pas de post-Covid ni d’écroulement du système. Il y aura eux, qui auront œuvré pour leur propre survie en dépossédant les autres. Leurs agissements sont contraires à leurs déclarations. Il n’y a aucune droiture, aucune conviction, rien que soi noyant par sophisme les opinions défavorables. S’ils échouent dans la gestion d’une crise, le passé immédiat est aussitôt réécrit. Leur parole est une contre-vérité proférée sans souci de cohérence. Tout est nié. Ils se tiennent devant un cadavre et affirment : cette personne n’est pas morte. — Heureusement qu’ils ne disposent pas des médias pour délimiter le débat public à autre chose qu’eux-mêmes, se réjouit la chèvre de poussière. — Tu n’es qu’une nouille en terre crue, dit Valentine. (à insérer dans Mics-macs au Maquis)

Des sortes de voiles en plastique montent du sol et enrobent les gens.

V’là que j’ confond Aïd el-Kébir et Airbnb.

Le Grand Uber et le petit Uber.

Jamais je ne mettrais du rouge à lèvres sur mes ongles de pieds.

2020 / chapitre 31

2020 / chapitre 30

Certaines de mes personnalités sont schizophrènes, m’avoua-t-il.

Le mur invisible (Marlen Haushofer) Peut-être me suis déjà tellement éloignée de moi-même que je ne le remarque même pas. (p 52). Heureusement, cet état ne dura pas longtemps. Je l’avais déjà connu pendant la guerre, mais j’avais oublié combien il est terrible d’être à la merci d’un corps insatisfait. (p. 64). Je ne vois pas en quoi ce serait déshonorant de porter le fardeau imposé, comme n’importe quel animal, ni en fin de compte de mourir comme n’importe quel animal. (p. 88). Depuis mon enfance, j’avais désappris à voir les choses avec mes propres yeux et j’avais oublié qu’un jour le monde avait été jeune, intact, très beau et terrible. p. 245). Puisque personne n’était en vie qui aurait pu aimer ce visage, il me parut tout à fait superflu. (p. 269).

Le vent de nulle part (J. G. Ballard) « Mais peut-être faut-il y voir plutôt la volonté d’une providence outragée, décidée à balayer l’homme et sa turpitude de cette terre jadis verdoyante. Qui sait ? » […] « Souhaitons que non, docteur. Nous ne disposons pas d’un budget suffisant pour faire face à un cas aussi extrême. » (p. 65). Après le cataclysme, les bureaucraties du monde entier allaient se reconstituer et faire tourner les rotatives jour et nuit pour combler les lacunes d’informations (p. 125). il ne suffit pas de faire l’histoire, il faut encore que quelqu’un rapporte nos exploits. (p. 132). Dans l’ensemble, les gens s’étaient montrés plus dénués de ressources, de faculté d’adaptation, et moins prévoyants que les animaux sauvages. […] ils devenaient les victimes impuissantes d’un optimisme solidement enraciné touchant leur droit à la vie(p. 143).

Vivre après la mort, ce serait avoir une appréciation autre qu’émotionnelle ou culturelle des « choses ». Dans l’au-delà, la personnalité est superflue.

Peter Green : I’m still getting into studying the « wherefrom cometh the inspiration » to write, making sure it’s a good solid one and I’m not just doing different bits and pieces and suddenly I have to use a Muddy Waters line because I’ve not waited long enough for the inspiration to show its strength. You got me barking like a dog, now I’m jumping like a frog (Trying To Hit My Head Against The Wall)

2020 / chapitre 30

2020 / chapitre 29

Machine à conserver imparfaitement le passé.

14 juillet à Cerisiers : place du village déserte, quelques personnes masquées vont et viennent à la boulangerie. Le chauffagiste a ouvert ses fenêtres et passe de la musique militaire. Seul un petit garçon avec de grosses lunettes marche au pas.

Se déroulait devant nous une prairie si grande et si belle qu’une vie de contemplation n’aurait pas suffit à s’en lasser. Mon compagnon saisit un carton blanc et le jeta devant lui. Le carton soumis au caprice des vents se posait et s’envolait pour choir ailleurs. Je ne voyais plus que lui, mon regard le suivait et ignorait la prairie, ce qui était déplorable. Peiné, je courus chercher le carton et le ramenai. Vois, dit mon compagnon à qui je j’apportai, comme il a attiré ton œil. Pourtant, ajouta-t-il, il n’y a pas un trait dessus, pas une écriture, rien.

La vie de Lazarillo de Tormès Quand la saucisse fut rôtie et qu’il eut mangé les lèches de pain engraissées du dégoût de la saucisse (p.24). les soucis du roi de France n’étaient pas pour m’ôter le sommeil. (p. 37).

Œuvrer dans la littérature de genre, c’est d’une certaine manière faire dans la non-communication. — Tu écris de romans ? — Oui. Des histoires de… — Ah. Ne pas respecter les règles à l’intérieur de celle-ci, c’est crever les yeux des éventuels lecteurs. — C’est un post-apo avec Leiber et Moorcock sur l’échine d’un Caïman mort et le petit Chaperon rouge en orbite avec un loup de fer-noir. — Ah.

Notre feuilleton estival : FACEBOUC & PILECHÈVRE (dans lequel, rappelons-le, CHAPELLE et POLÉMIQUE sont les jouets du sinistre ANTAGONIX). Dans l’épisode d’aujourd’hui, le fourbe tentera de défaire nos héros en insinuant s’il est vraiment de bon ton de se prénommer ZIZI lorsqu’on est UNE DANSEUSE…

Je revendique l’appellation de flegme-watching (ne regarder QUE le premier épisode d’une série et s’arrêter là). Je l’ai fait pour Tales from the Loop, pour The Expanse, pour Man In The High Castle, pour Banshee ; j’aurais dû le faire pour Ozark, pour Dark, pour See, pour Fringe, et pour tant d’autres. Ça ouvre une sacrée perspective critique et ça laisse du temps pour s’occuper ailleurs. Ou disorder-watching : je l’ai fait pour The Night Of…, les huit épisodes dans le désordre : ellipses scénaristiques époustouflantes. Ou même dice-watching qui nécessite plusieurs jets de dé. Le premier pour déterminer le nombre d’épisodes et les seconds (ou le second) pour déterminer le ou les épisodes. Ou le mess-watching : des épisodes choisis aléatoirement dans des séries différentes, vus à la file. Etc.

2020 / chapitre 29