2020 / chapitre 11

L’Homme-Dé (Luke Rhinehart – suite) : Essentiellement une transgression sexuelle joyeuse estampillée fin des années 60, rachetée par le chapitres 48 (la défense de Rhinehart devant le comité). Un seul vers de Shelley nous apprend plus de la nature humaine que toutes vos crottes de pigeons et de poules. (p. 296). Et j’habiterai dans la maison du Hasard jusqu’à la fin de mes jours. (p. 314). Pourquoi nos efforts pour mettre fin aux névroses ont-ils été un échec aussi universel ? Pourquoi nos civilisations arrivent-elles à créer de nouvelles formes de tristesse et de mécontentement plus vite que nous n’arrivons à élaborer de théories pour les décrire et les résoudre ? (p. 321). l’idée de se vendre et de pouvoir acheter quelqu’un d’autre est peut-être l’essence même de l’âme capitaliste. (p. 439). Sinon, hors quelques trucs bien sentis à propos de la psychiatrie et l’American way of life, c’est tout de même du cul du cul du cul – et la pertinence de l’affaire en est tout de même amoindrie.

Un tiers de Caïman est composé comme une insulte au genre, un tiers comme un hommage à ce qu’il pourrait être, et un tiers s’en éloigne au profit du conte, plus un interlude fartpunk et un récit de dérive sur un fleuve. Et une fin qui balaie tout – ou presque. Avec un piège temporel où tombe la narration, façon Christopher Nolan. Réécriture en cours : quatrième version, donc.

Hunters (série) : éteint, oscillant entre nazixploitation stupide et sérieux déplaisant et, qui plus est très mal interprété par deux bons tiers des acteurs. Incohérence temporelle : Pacino (ou l’autre, mais c’est pareil) a 30 ans à tout casser en 1943. Et 78 en 1973 ? Sa fille a donc pondu Jonah lorsqu’elle avait 10 ans ? Ou bien l’avaient-ils conçue avant la guerre ? Mais ne se sont-ils pas rencontrés dans le camp ? Et le retournement final est grotesque. Et quelle drôle de méthode employée par les méchants pour kidnapper l’Asiatique de la bande : lui foncer dessus en voiture ! Bref, du temps perdu devant l’écran, encore. Ai tout de même arrêté plus rapidement de regarder Year of the rabbit et Locke & Key que celui-ci – mais on ne m’y reprendra plus.

Pas de facebook pendant quatorze jours, m’a soufflé Luke Rhinehart.

Confinement relatif, pays à l’arrêt. Sans doute va-t-on s’apercevoir qu’on vit très bien sans se languir de la sortie du dernier James Bond. Mourir peut attendre. Ou de Petit lapin, panique en ville. Suspension du tournage de Demain nous appartient. La planète est tombée dans une apathie à peine troublée par quelques tirs de roquettes ici et là (mais le cœur n’y est pas). Une canicule à 65° suffira-t-elle à éradiquer le virus ? Nous le saurons cet été. Activité industrielle au ralenti, pays moins pollué, moins d’affections respiratoires en cas de pandémie respiratoire aiguë. L’Autriche interdit les rassemblements de plus de cinq personnes. Et prochainement, quid de la bipartition moléculaire ?

Capitaine Blood (Rafael Sabatini) : narration rapide, péripéties incessantes, personnages esquissés selon la nécessité, scènes indiquées plutôt que décrites en détail. L’imagination du lecteur est mise à contribution. Très différent de L’île au trésor ou de Moonfleet. La manière de dire m’a fait songer à Jean-Michel Charlier.

2020 / chapitre 11

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