2020 / chapitre 18

Une allégorie possible des époques de l’Humanité pourrait être signifiée par un cimetière d’astronefs, chacun différent du précédent, sur lequel on avait embarqué, animés par un espoir commun, et qu’on avait abandonné au sol et déserté pour le suivant – et le cosmos attend toujours.

Et à l’hôtel du nord, ce chili con carne avec Marcel.

La ridicule ubiquité du président de la république aux murs des mairies – qui n’est en réalité nulle part.

L’imaginaire jubile plus en une page de Carpentier que dans deux tomes de (x) . Au chapitre 18 du Recours de la méthode , alors que le lecteur craint que l’invention baisse, après 300 pages, époustouflante profusion de mandragores dans un hangar à bateaux.

Ces charlatans nous vendent hier en lieu et place d’un demain révolu.

Un large pan de la production culturelle vit de la destruction de la culture.

Caïman : si je laisse entendre que ce sera la relation d’un voyage en radeau encapsulant un conte de sword & sorcery quantique, on va s’extasier : le public aime les étiquetages, et plus encore les étiquetages incongrus. Mais, pauvre lecteur ! ce n’est pas ça. Pas que ça. C’est inétiquetable.

Je préfère la littérature inétiquetable au commerce équitable.

On ne peut tenir compte des considérations humanitaires que si elles n’affectent pas les buts de la guerre elle-même. Helmuth Johannes Ludwig von Moltke (cité par Alejo Carpentier dans Le recours de la méthode).

L’Allemagne, touchée par un taux d’infection de 1% (et un taux de létalité à 3,8 %), est au seuil limite de sa capacité d’accueil en réa. On élude les 99% (et les 96,2 %), suspendus au-dessus de nos architectures sociales. Malgré nos fictions diverses portées en masques respiratoires, il faut envisager que nous soyons tous morts dans six mois. La civilisation est comme une mince couche de glace sur un océan profond de chaos et d’obscurité (Werner Herzog).

Lu dans une gazette à propos du discours du premier ministre : L’hémicycle est aux trois-quarts vide pour cause de distanciation sociale.

Je suis un homme énerveilleux, me dit Catherine.

Impression que les metteurs en scène actuels de séries ou de films agissent aussi lourdement que les graphistes, qui doivent marquer la page ou l’écran pour justifier de leur existence. Rien qui apporte à l’histoire sinon des chichis encombrants, inutiles et sans âme ni réelle connexion avec l’âme de l’histoire.

— Toi dans le corps de Brad Pitt, me dit Catherine. — Et lui dans le mien ?

Degré de résistance aux injonctions de norme sociale extrêmement élevé.

Epées et mort (Fritz Leiber) : ce qui sauve le truc, c’est la manière dont les choses surviennent dans le récit, sans prévenir. A la fois des poncifs (la cabane aux cinq pattes et visage d’ombre dans les marais, le serpent dans la crevasse, etc.) et des apparitions sans calcul, juste le plaisir de l’effet de surprise.

Une attestation de sortie gagnée pour dix jours de travail.

Combien de suicides par Covid-19 ? Et combien de meurtres ?

Bientôt, la mort reprendra son cours normal.

Le Royaume de ce monde (Alejo Carpentier). Une fois, la Maman Loi se tut d’étrange façon au plus beau de son récit. (p. 26). Puisque la forme humaine engendrait tant de malheurs, mieux valait s’en défaire un temps, et suivre les événements de la Plaine sous un aspect moins criard. Une fois cette décision prise, Ti-Noël fut surpris de la facilité avec laquelle on se transformait en animal (p. 176).

2020 / chapitre 18

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